Imaginez accéder à Wikipédia simplement en y pensant. Cela ressemble à de la science-fiction maintenant, mais le futurologue et ingénieur de Google Ray Kurzweil pense que cela deviendra une réalité dans quelques années. Lors de la conférence Exponential Finance du 3 juin 2015, il a prédit que les humains seront des cyborgs d'ici 2030. Rendu à la moitié du temps imparti, quels sont les progrès technologiques qui ont été réalisés dans ce sens ? Laissent-ils envisager que cette prédiction est susceptible de se réaliser dans quelques années ?Raymond C. Kurzweil est un auteur, ingénieur, chercheur, et futurologue américain (la futurologie a pour ambition d’aborder les différents scénarios possibles de l’avenir. Sous l'influence de l'anglais, le terme tend avec difficulté à remplacer celui de « prospective » en France). Il est créateur de plusieurs entreprises pionnières dans le domaine de la reconnaissance optique de caractères (OCR), de la synthèse et de la reconnaissance vocales, et des synthétiseurs électroniques. Il est également l'auteur de nombreux ouvrages sur la santé, l'intelligence artificielle, la prospective et la futurologie.
En décembre 2012, il annonce qu'il rejoint Google pour travailler à de nouveaux projets impliquant « l'apprentissage automatisé et le traitement automatique des langues ».
Raymond Kurzweil fait partie de l'Army Science Advisory Board, chargé de conseiller l'armée américaine dans les domaines scientifiques et techniques. Il a témoigné devant le Congrès sur le thème des nanotechnologies. Il voit un potentiel considérable dans ces technologies pour résoudre des problèmes mondiaux comme le changement climatique. Il prévoit que des nanorobots seront utilisés pour maintenir le corps humain en bonne santé et prolonger la durée de vie humaine.
Il a souligné l'extrême danger des nanotechnologies mais fait valoir que, dans la pratique, les progrès ne peuvent pas être arrêtés, et toute tentative de le faire ne fera que retarder les progrès des technologies de défense, augmentant ainsi le danger.
Des cyborgs en 2030
Le pionnier de l'intelligence artificielle, Ray Kurzweil, a prédit que d'ici 2030, une technologie permettra aux cerveaux humains d'être connectés directement à Internet.
« Notre pensée sera alors un hybride de pensée biologique et non biologique », a déclaré Kurzweil lors de l'édition de 2015 de l'Exponential Finance conference qui a eu lieu à New York. « Nous allons progressivement fusionner et nous améliorer. À mon avis, c'est la nature de l'être humain - nous transcendons nos limites ».
Kurzweil a prédit que, dans seulement 8 ans (15 ans au moment de sa prédiction), nous pourrions choisir de devenir mi-humain, mi-ordinateur. Avec l'aide de minuscules nanobots faits d'ADN, il estime que nous pourrions nous connecter au cloud par la pensée.
La connexion des cerveaux à Internet ou à un réseau informatique sur le cloud permettra une réflexion avancée, prédit Kurzweil, et à la fin des années 2030, la pensée humaine pourrait être principalement non biologique.
Les nanobots d'ADN (oui, de telles choses existent) sont moins susceptibles d'être rejetés par le système immunitaire du corps que le matériel traditionnel, car ils sont constitués de molécules biologiques. Les chercheurs les ont déjà utilisés pour cibler et détruire les cellules cancéreuses ainsi que pour stocker des données.
Ces petites structures de 35 nanomètres sont capables de transporter un médicament et de le délivrer uniquement aux cellules malades. À l'instar des cellules du système immunitaire, ils reconnaissent leur cible grâce aux protéines présentes sur la surface de la membrane plasmique.
Ces nanorobots ont été conçus par des chercheurs de l'université d’Harvard à partir d'un logiciel permettant d'élaborer des origamis d'ADN. Le principe date de 2006 et consiste à recréer une forme en 3D à l'aide d'un long brin d'ADN viral agencé grâce à de petits fragments nucléotidiques jouant le rôle d'agrafes. L'informatique réalise tous les calculs à partir du modèle de base qu'on lui fournit.
Dans cette expérience, le nanorobot adopte plus ou moins la forme d'un tonneau contenant en son centre la molécule d'intérêt, un médicament. À l'une de ses extrémités, il possède deux anticorps complémentaires de protéines présentes sur la membrane de cellules malades. Ainsi, lorsque ces deux sites se lient à leur cible, l'ensemble change de conformation, le tonneau s'ouvre et libère son principe actif au bon endroit. On parle alors de médicament intelligent.
Cela relève encore de la science-fiction, car nous ne sommes qu'aux premiers balbutiements des origamis d'ADN.
Mais Kurzweil pense que cette technologie pourrait éventuellement envoyer des e-mails et des vidéos directement au cerveau, voire nous permettre de sauvegarder nos pensées et nos souvenirs.
« Dans vingt ans, nous aurons des nanorobots, car une autre tendance exponentielle est le rétrécissement de la technologie », a expliqué Kurzweil dans une conférence Ted de 2014 sur la croissance au-delà des limites physiques de notre cerveau. « Ils entreront dans notre cerveau par les capillaires et connecteront essentiellement notre néocortex à un néocortex synthétique dans le cloud ».
Il a fait une prédiction pour le moins audacieuse et surprenante : des millions, voir des milliards de nanorobots investiront nos corps pour nous maintenir en bonne santé, améliorer notre système immunitaire et enfin rendre accessible notre cerveau dans le Cloud. Mais pourquoi donc cette accessibilité de nos cerveaux dans le Cloud ? Selon Kurzweil, le but premier serait de transcender l’intelligence humaine vers un seuil jamais atteint : « en 2035, je vois quelqu’un m’approcher, je souhaiterais alors l’impressionner et penser à quelque chose d’intelligent, je serais alors en mesure d’accéder à d’autres cerveaux pour parvenir à cela ».
Les prédictions de Kurzweil s'accompagnent de quelques mises en garde et avertissements. Même si cela est possible, le fait que nos pensées soient complètement fusionnés avec Internet les expose à des problèmes tels que le piratage et d'autres problèmes de sécurité.
Imaginez à quel point un virus informatique ou un hacker serait dangereux si nos pensées étaient connectées à Internet : quelqu'un pourrait voler nos souvenirs ou corrompre nos pensées.
Le bénéfice potentiel vaut-il le risque ? Kurzweil semble le penser : « Comme je l'écrivais il y a 20 ans, la technologie est une arme à double tranchant », a déclaré Kurzweil. « Le feu nous a gardés au chaud et cuit nos aliments, mais a également brûlé nos maisons. Chaque technologie a ses promesses et ses dangers ».
Cette technologie est-elle concevable ?
Bien que l'idée que le matériel s'améliore de façon exponentielle au fil des ans est vraie pour certains composants, il est peu probable qu'elle s'applique à la mise en ligne de notre cerveau. Les scientifiques ont averti que nous avons à peine effleuré la surface de la compréhension du fonctionnement...
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Au vu de l'évolution technologique, est-on à mi-chemin de voir sa prédiction se réaliser ou cela vous semble-t-il utopique ?